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Remboursement Orthodontie

Mutuelle d’entreprise et orthodontie de l’enfant : ayant droit ou contrat individuel ?

Mutuelle d’entreprise et orthodontie de l’enfant : ayant droit ou contrat individuel ?

Photo de Héloïse Charrier

Par · dans Mutuelles et reste à charge

7 min de lecture ·

Un orthodontiste vient de remettre un devis pour votre enfant, et vous vous demandez quelle complémentaire santé sera sollicitée. Votre mutuelle d’entreprise couvre-t-elle aussi les enfants  Faut-il les rattacher à votre contrat, à celui de l’autre parent, ou souscrire un contrat individuel 

La réponse dépend moins de l’orthodontie elle-même que de la manière dont votre entreprise a organisé la couverture de la famille. Cet article vous aide à repérer les points à vérifier avant de déposer la demande d’accord préalable, sans promettre un niveau de remboursement : celui-ci figure toujours dans votre contrat.

À retenir

  • L’employeur doit proposer une complémentaire santé à ses salariés, mais la couverture des enfants n’est pas une obligation légale.
  • Le caractère obligatoire ou facultatif du rattachement des enfants est fixé par l’accord collectif ou la décision de l’employeur.
  • Quand les deux parents sont salariés, trois situations possibles conduisent à des choix différents.
  • L’Assurance maladie prend en charge l’orthodontie avant 16 ans, sur accord préalable  la complémentaire intervient ensuite sur les honoraires libres.

Ce que l’employeur doit vraiment couvrir

Dans le secteur privé, la complémentaire santé collective concerne d’abord le salarié lui-même. Selon Service-Public Entreprendre, la couverture des bénéficiaires du salarié, autrement dit sa famille, n’est pas obligatoire, mais l’employeur ou les partenaires sociaux peuvent décider de l’inclure.

Le même document rappelle que la participation de l’employeur doit atteindre au moins 50 % de la cotisation. Cette règle vise le régime obligatoire du salarié  la part prise en charge pour la famille dépend de ce que prévoit l’entreprise, et elle peut être très différente d’un employeur à l’autre.

La complémentaire santé collective est un contrat souscrit par l’entreprise au profit de ses salariés, dans le cadre d’un accord collectif ou d’une décision de l’employeur. Son contenu est le même pour toute la catégorie de salariés concernée, ce qui la distingue d’un contrat choisi à titre personnel.

Pour l’orthodontie de l’enfant, cette règle a une conséquence simple : rien ne garantit que votre enfant soit couvert. Il faut lire la notice d’information, ou demander à l’employeur le texte qui a mis en place le régime.

Ayant droit : ce que cela change pour l’enfant

Un ayant droit est une personne rattachée au contrat d’un assuré et bénéficiant des garanties à ce titre, comme le conjoint ou l’enfant. Il n’a pas de contrat propre : ses garanties dépendent de celui du salarié, et elles s’arrêtent si celui-ci quitte l’entreprise ou change de régime.

Dans la pratique, deux configurations existent. Dans la première, l’extension aux enfants est facultative : le salarié choisit d’y adhérer ou non, et l’employeur n’est pas tenu de financer la moitié de la cotisation famille. Dans la seconde, l’extension est obligatoire : elle s’applique à toute la catégorie de salariés, et le financement prévu par l’entreprise s’applique alors aussi à la cotisation des ayants droit.

Cette distinction change le raisonnement. Avec un rattachement facultatif, vous pouvez comparer le coût et les garanties de la formule famille avec d’autres solutions. Avec un rattachement obligatoire, la marge de choix est plus étroite, et le contrat d’entreprise devient souvent le point de départ.

Avant tout, vérifiez trois éléments dans la notice :

  • le nom des bénéficiaires couverts (enfants à charge, limite d’âge éventuelle) 
  • la ligne consacrée à l’orthodontie, et l’unité dans laquelle elle est exprimée (par semestre, par an, par bénéficiaire) 
  • les éventuels délais d’attente avant que la garantie ne joue.

Pour lire ces lignes sans vous tromper, l’article sur la lecture des garanties d’un contrat de mutuelle détaille le vocabulaire courant. Les délais d’attente sont traités dans l’article consacré au délai de carence en orthodontie.

Deux parents salariés : trois situations à distinguer

Le cas le plus fréquent est celui de deux parents qui disposent chacun d’une mutuelle d’entreprise. Selon Service-Public Entreprendre, la couverture des ayants droit n’est pas obligatoire, et son éventuelle mise en place relève d’un accord collectif, d’un accord de branche ou d’une décision de l’employeur. Chaque entreprise peut donc avoir fait un choix différent.

Le même site précise qu’un salarié déjà couvert en tant qu’ayant droit par un autre contrat collectif obligatoire peut demander une dispense d’adhésion, que cette couverture des ayants droit soit facultative ou obligatoire dans l’entreprise du conjoint. Côté Assurance maladie, un conseiller du forum officiel d’ameli indique qu’un enfant rattaché à ses deux parents peut être lié à une complémentaire par parent, à condition de transmettre à chaque organisme l’attestation de droits du parent concerné. Trois situations se présentent, à confirmer auprès de chaque employeur :

  1. Les deux contrats sont facultatifs pour les enfants. Vous choisissez librement, en comparant les garanties et les cotisations. Aucun des deux employeurs ne vous impose le rattachement.
  2. L’un est obligatoire, l’autre facultatif. Le plus simple est souvent de rattacher les enfants au régime obligatoire  demandez à l’autre employeur comment éviter une double affiliation.
  3. Les deux sont obligatoires. Les modalités (rattachement à un seul contrat, dispense) dépendent des textes de chaque entreprise  demandez-les par écrit.

Ces trois cas donnent des repères, et seul le texte de votre entreprise fait foi. En cas de doute, demandez par écrit à votre service des ressources humaines si le rattachement des enfants est obligatoire.

Si vous avez plusieurs enfants dans l’année, pensez aussi au partage des garanties entre eux, expliqué dans l’article sur l’orthodontie de deux enfants la même année.

Contrat individuel et dispense d’adhésion : quand y penser

Un contrat individuel est une complémentaire santé souscrite à titre personnel, sans passer par l’employeur. Il peut concerner l’enfant seul, ou toute la famille, et ses garanties sont choisies par le souscripteur.

Deux raisons conduisent parfois à l’envisager. La première est que la formule famille de l’entreprise couvre mal l’orthodontie. La seconde est que le salarié bénéficie déjà d’une couverture par ailleurs.

Cette seconde raison est encadrée. D’après Service-Public, un salarié déjà couvert en tant qu’ayant droit par un autre régime collectif obligatoire peut demander à être dispensé d’adhérer au contrat de son entreprise. La demande se fait le plus souvent par écrit auprès de l’employeur, à l’embauche ou lorsque les garanties prennent effet.

La même page précise que cette dispense porte sur les frais de santé seulement, et non sur les autres garanties de l’entreprise. Ne présumez donc pas qu’une dispense santé vous libère de toutes les cotisations liées au régime.

Un contrat individuel ne se substitue pas automatiquement à l’existant. Avant de souscrire, vérifiez les délais d’attente et la manière dont le nouveau contrat traite un traitement déjà entamé. L’article sur une mutuelle souscrite après le début du traitement explique ce point sensible.

Orthodontie de l’enfant : ce qui relève de l’Assurance maladie

Quel que soit le contrat choisi, la logique de départ reste la même : l’Assurance maladie prend en charge une partie du traitement, et la complémentaire s’ajoute à ce socle. Selon ameli.fr, les traitements d’orthopédie dento-faciale sont pris en charge pour les enfants de moins de 16 ans, après accord préalable de la caisse.

Le traitement doit commencer dans les six mois suivant l’obtention de l’accord, et avant le 16e anniversaire. La base de remboursement est de 193,50 € par semestre de traitement, remboursée à 100 %, pour six semestres au maximum. Vous trouverez le raisonnement complet dans l’article sur la base de remboursement de 193,50 € par semestre.

Les honoraires, eux, sont libres. La page ameli.fr destinée aux chirurgiens-dentistes indique que l’entente directe doit être fixée avec tact et mesure, et que la facturation se fait par semestre de traitement. L’écart entre le tarif de l’orthodontiste et la base remboursée peut être pris en charge par la complémentaire, si le contrat le prévoit.

C’est là que se joue le choix entre ayant droit et contrat individuel : il ne change pas la part de l’Assurance maladie, mais il détermine qui prend en charge l’écart, et selon quelles limites. Pour savoir ce que l’assureur doit, au minimum, couvrir, consultez l’article sur le contrat responsable et l’orthodontie.

Un dernier réflexe : demandez à l’organisme complémentaire un écrit qui précise la garantie orthodontie applicable à votre enfant, avant de signer le devis. Cette précaution est valable pour tout contrat, collectif ou individuel.

Questions fréquentes

Mon enfant est-il automatiquement couvert par ma mutuelle d’entreprise 

Non. La couverture des enfants n’est pas une obligation légale : elle dépend de ce que l’entreprise a prévu. Vérifiez la notice d’information et, si le rattachement est facultatif, demandez la formule famille.

Que faire si les deux parents ont une mutuelle d’entreprise 

Regardez d’abord si le rattachement des enfants est facultatif ou obligatoire dans chaque entreprise. Si l’un des deux est obligatoire et l’autre facultatif, les enfants se rattachent en principe au premier  si les deux sont facultatifs, vous comparez et choisissez.

Un contrat individuel vaut-il mieux pour l’orthodontie 

Cela dépend de vos garanties et de vos délais. Un contrat individuel peut mieux cibler l’orthodontie, mais il implique de vérifier les délais d’attente et la prise en compte d’un traitement déjà commencé. Le comparatif présente des critères utiles pour cette étape, et le lexique définit les termes des contrats.

En résumé

La couverture de l’enfant par la mutuelle d’entreprise n’est jamais automatique : elle repose sur l’accord collectif ou la décision de l’employeur. Repérez d’abord si le rattachement est obligatoire ou facultatif, puis, si vous êtes deux parents salariés, identifiez lequel des trois cas s’applique.

Si vous envisagez un contrat individuel, gardez en tête les règles de dispense et les délais d’attente. Dans tous les cas, l’accord préalable de l’Assurance maladie reste la première étape, et la garantie orthodontie exacte doit être confirmée par écrit par votre organisme complémentaire avant de signer le devis.